Rencontre avec Junior Macdonald Beckley

Posté le 30/11/2019 par admin

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Bonjour, pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Junior Macdonald Beckley, originaire de Grenoble, et je suis un artiste 2D et 3D de 28 ans. Comme de nombreuses personnes de ma génération, j’ai grandi avec des dessins animés et des mangas, comme DBZ, Naruto… Et vous allez être surpris, je suis aussi un grand fan de jeu vidéo et en particulier les jeux de combat, à un tel point que cette passion m’a poussé à chercher une carrière dans l’art et le jeu vidéo.

Quel a été ton parcours ?

Dès la primaire, j’ai fait des écoles de beaux-arts à Grenoble. Mais l’art contemporain n’était vraiment pas mon truc et j’ai vite arrêté ! Par la suite, durant le collège, je me suis contenté de dessiner pour le fun. Ce fut surtout le cas lors de mes années lycée alors que j’étais sportif de haut niveau et que je tentais d’avoir une carrière professionnelle en Basketball, de 2006 à 2010. Un jour je me suis retrouvé à devoir faire un choix crucial, celui de continuer le Basket ou de tout abandonner pour le dessin. J’ai tout abandonné pour poursuivre une carrière artistique.

Par malheur, les quatre années qui ont suivi ce choix ont été atroces ! Je me suis retrouvé aux Écoles de Condé de Lyon dans lesquelles j’ai eu une très mauvaise première expérience : j’ai fini par me faire recaler, dernier de ma promo. J’ai dû tout reprendre à zéro et cette fois je me suis inscrit chez Émile Cohl à Lyon où cela s’est beaucoup mieux passé, je me suis fait des amis en or. Pourtant après trois ans de labeur et de dévouement, je me suis à nouveau fait virer, une fois de plus dernier de ma promo. J’enchaînais les échecs. Je suis pugnace et je n’ai jamais lâché l’affaire : je savais que je pouvais y arriver.

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J’ai à nouveau tout repris de zéro et je suis venu à Paris pour faire l’école New3dge. Ce fut une révélation. J’ai vraiment pu m’épanouir : j’ai appris énormément de choses, j’ai pu réaliser quelques commissions, j’ai pu faire des stages dans des compagnies comme Terra Mutandis, et je suis même devenu auteur/illustrateur avec le livre : « Amana l’enfant Dieu », histoire créée par Kama Sywor Kamanda. Je suis ressorti de chez New3dge diplômé, avec une mention et avec un portfolio solide. Par la suite, parce que j’avais une bonne dynamique de travail, j’ai rapidement trouvé un premier job dans le jeu vidéo chez Ninpo. Puis j’ai été contacté par Ubisoft, pour du chara design.
S’il y a une leçon à retenir de mon parcours, c’est qu’importe les épreuves et les coups durs, n’abandonne jamais tes rêves.

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Depuis quand dessines-tu ?

Ma passion pour le dessin a commencé dès la primaire, depuis le jour où un de mes amis avait dessiné un Sangoku Super Saiyen sur un de ses cahiers et l’a montré à tout mon groupe d’amis. J’étais littéralement sous le choc et depuis je me suis passionné à dessiner plein de personnages !

Quel métier rêverais-tu faire ?

J’adore créer des personnages. Mon métier de cœur serait character artist 2D ou concept artist. Cela me permettrait de vraiment poser des idées sur papier et donner vie à un personnage fictif. Et ce qui me fait rêver, ce serait de pouvoir créer une franchise sur plusieurs plates-formes de mon univers avec mes personnages et mon histoire.

Que fais-tu maintenant ?

En ce moment, je crée Muntu Warriors. C’est une franchise de super héros noirs inspirés de la culture africaine.
J’adore les dessins animés, les mangas et les jeux. Pourtant en tant que jeune français issu avec des parents d’origine africaine, je ne trouvais pas grand-chose en termes de fiction dans lequel je pouvais vraiment m’identifier ou m’identifier cette culture. Il y en a des tonnes c’est sur. Mais pour les dénicher, il faut faire beaucoup de recherches. Et la plupart d’entre elles n’ont pas eu le succès qu’elles auraient dû avoir.

Pour autant, l’Afrique a eu de grands rois, de grands royaumes, des mythologies, des divinités, des figures historiques et des grands moments dans l’histoire qui ne sont pas encore couverts en fiction de nos jours. C’est pourquoi à travers Muntu Warriors, je veux vous faire découvrir ma vision de la culture africaine. Il y aura des tonnes de superhéros, de références et de légendes et un max d’action. Je vous invite à découvrir l’univers et au passage bénéficier d’un chapitre offert de mon webcomic Muntu Warriors à travers ce lien : Muntu Warriors

Cet univers que tu décris à l’air incroyable, pourrais-tu nous en dire plus au sujet de Muntu Warrior ?

Dans un monde parallèle au nôtre, celui de Muntu, des humains et des puissantes divinités, dénommées Orishas vivent en parfaite harmonie. Certains humains ont la faculté de fusionner avec les Orishas et ainsi devenir un Muntu Warrior. À travers cet univers riche et développé, vous allez pouvoir découvrir les aventures individuelles pleines d’action et de péripéties de chaque Muntu Warrior.

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Toute cette inspiration vient du fait d’avoir travaillé sur Amana ?

En partie oui ! Avec « Amana l’enfant Dieu », j’ai dû faire beaucoup de recherches sur la culture nubienne et égyptienne. J’ai découvert la richesse fantastique que les contes de Kamanda renfermaient et j’ai pris beaucoup de plaisir, avec mon background de fan de jeux vidéo et d’anime, à réinterpréter le conte pour en faire quelque chose d’épique. Avec Muntu Warriors, je vise à passer à l’étape supérieure !

Comment as-tu trouvé toutes ces informations ?

Tout d’abord dans l’héritage et les traditions de mes origines, du Tchad et de la Sierra Leone. À chaque fois que je retourne dans ces pays, je découvre d’infinies sources d’inspiration, qu’elles soient culturelles ou la coutume (évènements familiaux, mariages, etc.). Mais tout cela n’a pas suffi, je me suis beaucoup inspiré en consultant des documentaires comme « Lost Kingdoms of Africa» de Gus Casely-Hayford ou sur l’Égypte ancienne que j’adore. Ensuite, ma culture geek a pris le dessus, je me suis abreuvé de films et de séries, des DC (en particulier Injustice) et des Marvel. Parmi eux, Black Panther est le parfait exemple de ce que je cherche à réaliser, mais il y a aussi « The Boondocks », « Shaka Zulu » — une série de 1986. Pour terminer, il faut comprendre que tout ce qui m’entoure fait partie de mon inspiration que je veux la plus éclectique possible. Ainsi, la Pop Culture, l’actualité et les tendances de nos jours influent forcément sur ce que je fais, mais aussi ceux que je côtoie tous les jours, dans le métro par exemple. Pour donner un exemple, certains personnages mythiques pourraient bien se retrouver à faire un « DAB ».

J’aimerais parler de ta technique, tu m’as dit un jour que tu as progressé le plus en dessinant 1 heure par jour. Quelle méthode as-tu utilisée ?

Un jour je suis tombé sur un livre qui s’appelle « Passez à l’Essentiel » ( The One thing » en anglais) écrit par Gary Keller et Jay Papasan. Pour résumer, c’est un livre qui t’explique comment avoir un maximum de résultat en un minimum d’effort.

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J’ai tenté de calquer leur méthode sur du dessin de personnage. J’ai commencé par créer un perso en 1 h, tous les jours même pendant les vacances sauf le week-end. Et en appliquant leur méthode au bout de deux semaines, j’avais déjà fait d’énormes progrès ! Ce qui m’a réellement motivé, c’est de m’apercevoir qu’en fait cette méthode ne me demandait pas beaucoup, car je travaillais entre midi et deux, durant la pause déjeuner et seulement en semaine. J’ai eu un déclic : « J’ai fait d’énormes progrès en deux semaines. Qu’est-ce qui se passerait si je continuais cette méthode pendant deux ans ? »

Eh bien, c’est ce que j’ai fait. La progression fut spectaculaire, j’ai atteins un niveau que je n’aurais jamais jusqu’alors imaginé. J’avais sous la main une bonne centaine de chara-designs, qui après une bonne sélection, on enrichit mon solide portfolio. Tout cela bien avant d’avoir mon diplôme scolaire. Bien au-delà de ça, j’ai acquis la faculté de développer des idées de personnages, de ne pas me vexer de devoir recommencer un design et surtout de savoir produire en masse. C’est très apprécié dans le marché du jeu vidéo.

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Tu vis dans la salle du temps de Dragon Ball !

De temps à autre, j’y allais, pour manger des ramens avec Goku et Vegeta ! Mais j’ai arrêté d’y aller, car y’a pas de Wi-fi là-bas.

Un petit mot de la fin ?

D’abord merci à toi Gauthier, et à LemonArt de m’avoir proposé cette interview ! Et merci de l’avoir à vos lecteurs.

Je terminerais par trois conseils pour ceux qui veulent se lancer :

1— L’art n’est vraiment pas une question de don ou de talent. J’ai une tête, deux mains et deux pieds comme vous. J’ai travaillé dur pour y arriver. Si j’ai pu le faire, vous le pouvez aussi, le secret c’est le travail, et si c’est pas déjà le cas même me surpasser, et c’est tout ce que je vous souhaite.

2— Si vous voulez vous lancer dans ce milieu, j’ai un mot d’ordre : ACTION. Dessinez, dessinez et dessinez. Même les meilleures techniques du monde ne vous serviront à rien si vous ne vous donnez pas les moyens de les exploiter. Personne ne le fera pour vous. Donc, dessinez !

3— Suivez Muntu Warriors ! Profitez de l’offre spéciale du chapitre offert avec ce lien : Muntu Warriors et découvrez un univers palpitant de super héros issus de la culture africaine !

Interview réalisée par Gotangkapika, corrigée par Olivier Roy.

Commentaires

Amy Beckley

Whow you are great

agnes kanu

congratulations i wish it was in English please help translate the sky is your limit you are so talented

Beckley Alexandra

Congraz my dear brother I am so proud ! Jun mon frère tu me surprendras toujours je suis tellement fière et tes dessins de femmes sont magnifiques ! Beckleys are Eagles !!!

Florence

Salut Junior. Je suis impressionnée, c’est le mot qui me vient en tête. Je nous revois à faire les “cons” dans les salles du CMG au bodycombat. Mon diru que tu en as fait du chemin depuis😍. J’ai pris des notes pendant la lecture de ton magnifique interview. Je vais parexmple me procurer le livee dont tu parles. Il n’est jamais trop tard pour apprendre. Moi ça ne sera pas pour le dessin, je suis nulle mais j’espère que cette méthode peut s’appliquer dans d’autres domaines. Je vais aller de ce pas voir le lien pour Muntu Warriors😉. Et si ça ne te dérange pas, je vais partager le lien de ton interview. Je te félicite une fois de plus et espère te voir un de ces quat’! Bise

Tatie Clo

C’est mon neveu adoré. Bravo anzi bravissimo❤💎

Beckley Theodora

Quelle force tu as mon frere et quelle sagesse!!! Tu es si talentueux tu nous rends fiers! Keep up the good work Jun 😊❤

Yvette Ballet

Felicitations junior je te souhaite plein succes dans ton parcour.

Beckley donaldson

Bravo bravo Junior entre là culture Française + Tchadienne + Sierra Leone + Britannique t’as tout simplement de talent courage courage et que dieu continue à mettre de lumière dans ton chemin bravo

Junior Beckley

Merci a tous pour votre soutien!! Ca fait vraiment plaisir!!

Defranoux Koubia Rébecca

Junior,
Toutes mes félicitations. J’ai lu tout ton interview et le passage où tu parlais de l’école primaire a ravivé en moi des très beaux souvenirs de notre vie familiale. Tu es devenu un grand monsieur. Je très fière de toi. Que le saint esprit éclaire ton chemin et te guide tout le long de ta vie artistique.
Ta Tati Rébecca.

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