Interview Site 12: Gotangkapika

Posté le 14/09/2019 par admin

Coucou Gotang!! Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je suis Gauthier, jeune homme dans la fleur de l'âge, passionné par les jeux vidéos, les dessins et la BD sous toutes ses formes : manga, comics, franco-belge. Je réside en Seine-et-Marne près du parc où vit la souris la plus connue du monde.

Depuis combien de temps dessines-tu ?

D'aussi loin que je me souvienne, je dessine depuis ma plus tendre enfance vers 6 ans. Comme beaucoup de ma génération, je dessinais mes propres dessins de Dragon Ball et comme j'avais un grand frère qui dessinait très bien, c'était vraiment émulant quand j'arrivais à dépasser la frustration. On avait une règle d'enfant : recopier c'est tricher. Cela voulait dire que tu savais pas dessiner, du coup sans vraiment savoir j'ai toujours appris à dessiner d'imagination avec ses avantages et inconvénients rire.

Aujourd'hui, le dessin et le graphisme (l'image au sens large) prennent une part importante et vitale dans ma vie. Du coup, je suis en pleine formation pour en faire mon métier.

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J'ai entendu dire que tu avais un parcours un peu particulier... Peux-tu nous en parler ?

J'aimerais vous partager mon histoire qui peut être l'histoire que beaucoup de personnes vivent : mon manque de confiance qui m'a fait faire des choix très étranges dans mon parcours scolaire. Comme mon "talent" a été remarqué dès le plus jeune âge, tout le monde me destinait au dessin. Cette idée s'est installé naturellement dans mes croyances, à tel point que mon égo a pris le dessus sur le travail.
En effet, pour masquer mon manque de confiance, j'ai tiré sur l'arrogance et je me suis persuadé d'être le plus fort et quand je voyais un talent/travail plus intéressant ou plus fort techniquement que le mien, je détournais le regard "ouais moi aussi je peux le faire !". Ainsi, j'ai continué comme ça jusqu'au lycée où par chance, il y avait une branche arts plastiques dans le lycée qui est situé à 15 minutes de chez moi.

J'ai donc suivi une formation en baccalauréat générale littéraire option arts plastiques en me disant "c'est logique, je vais devenir dessinateur !"(j'étais jeune je n'avais pas conscience que j'avais la chance d'avoir cette option dans mon lycée). Pendant ces années là, j'ai intégré un atelier BD au sein de ma ville avec des monstres du dessin qui étaient des amis de mon frère d'ailleurs. J'ai vu des personnes devenir meilleures que moi avec du travail et de l'acharnement et petit à petit mon égo a commencé à s'éteindre laissant place au travail et à la frustration.

Finalement, à la fin du bac, je choisi d'intégrer l'université en langue japonaise, parce que mon meilleur ami avait fait ce choix et que je l'ai suivi car j'aime les mangas ! rire Et ce schéma s'est répété par la suite par d'autres choix sans réflexion, sans ambition. Durant ces années, je devais aller travailler et quand on est proche de Paris, on sait que le monde du commerce peut nous accueillir à bras ouvert sans formation. Je décide donc de travailler ma timidité et de postuler en magasin pour faire de la vente, à travers différentes expériences, j'ai réalisé le bienfait que ce métier m'apportait dans mon développement personnel et j'ai alors postulé en école de commerce pour devenir manager en faisant une pause sur le dessin.

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Au fond de moi, je savais que je voulais en faire mais j'étais frustré et je n'avais pas la mentalité pour continuer. Je me bloquais à chaque difficulté et j'avais la conviction profonde que je faisais le bon choix, que cette formation commerciale et managériale me servirait tôt ou tard dans mon art.
Je ne vous cache pas que je pensais revenir au dessin lors de ma retraire mais heureusement l'âge de la retraite a été repoussé (merci le Gouvernement). J'ai réalisé que mon besoin de dessiner était trop important et j'ai décidé de reprendre.

En résumé, j'ai fait préparateur de plateau repas pour les vols d'avion, vendeur en magasin de jouet, caissier, cuisinier de fast-food, de nouveau vendeur de jouet puis vendeur en chocolaterie et finalement score designer... WHAT?! c'est quoi ça veut dire quoi ?
Moi-même je ne savais pas au début, je pensais que je devais faire des icônes, du design sur les feedbacks du jeu etc. En même temps j'ai pas de formation et pas d'expérience dans le design. Mais revenons déjà à la base, comment j'ai trouvé ce travail et quelle est la mission ?

Comment as-tu été recruté chez Ubisoft ?

Je sortais de ma formation commerciale/managériale et j'étais plein d'entrain pour démarrer ma carrière jusqu'à que je vive une situation de braquage en magasin que je n'ai pas supporté. J'ai quitté mon CDI pour chercher un nouveau travail avec mon diplôme et j'ai pensé à Ubisoft car j'entendais beaucoup parler d'eux à la télévision à ce moment-là.

Ayant travaillé dans de grandes enseignes françaises, je trouvais que ça collait aussi avec mon CV. J'ai donc fait des recherches, mais avec un Bac+2 dans une aussi grosse entreprise qui ne propose pas de poste commercial, je savais que je ne partais pas du bon pied ; mais qui ne tente rien n'a rien.
Après quelques recherches, je trouve un poste de production : Level Score Designer, la mission était très mal décrite et je n'y comprenais pas grand chose. Des connaissances avaient postulé et ont tenté de m'expliquer mais ce n'était vraiment pas évident.

Cependant ,ce qui était drôle, c'est que dans la description je me retrouvais énormément dans ce que je suis dans la vie de tous les jours : un passionné de jeux vidéo, un passionné de danse (et en plus moi j'adorais les jeux vidéos de danse), le goût de l'informatique, la curiosité et une qualité d'écoute des feedbacks. Alors je tente le coup, j'envoie mon CV !

A l'entretien on m'explique que le métier consiste à danser les chorégraphies du prochain jeu Just Dance, de calibrer la détection pour qu'elle fonctionne pour tout le monde et pas n'importe comment, j'allais donc ENORMEMENT transpirer ! Et j'ai transpiré pendant 7 ans !! 7 ans d'aventures incroyables que je partage sur ce tumblr . Un parcours atypique je vous avais prévenu !

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Quel parcours ! Pas trop fatigué de ton expérience à Ubisoft ? Tu fais quoi maintenant ?

Maintenant retour au dessin, je suis plutôt traditionnel avec une touche de numérique pour la finition (colorisation et détails). J'ai appris de cette manière car je n'avais pas de matériel pour la colorisation et que j'ai toujours voulu savoir comment me servir de logiciels comme Photoshop. Cependant, j'essaye désormais d'utiliser le maximum de médias pour me diversifier, rester ouvert et curieux. Mon entourage proche étant au courant de mon changement me sollicite pour des illustrations qui sont toujours remplies de challenge, c'est ce qui me permet d'apprendre avec des clients. Je me laisse du temps pour développer un nouveau style moins ancré manga même si j'ai encore beaucoup de reste et c'est normal.

Mes univers sont marqués par les mangas shonen (pour adolescent), j'aime les histoires d'aventures où les héros se regroupent autour d'une quête, où les personnalités de chacun apportent à la réussite du groupe ! Mais depuis quelques années, j'aime quand une histoire propose une profondeur particulière. J'aime quand l'histoire va puiser son inspiration dans les tourments des êtres vivants, j'aime quand on explore les noirceurs des humains et surtout quand un auteur ose se renouveler au sein de sa propre série. Enfin, j'aimerais créer une histoire autour de la danse, j'ai déjà fait quelques pages il y a quelques années, mais pour le moment je le laisse de côté dans le but d'en faire mon oeuvre ultime.

En terme de méthode, j'utilise énormément le brainstorming et je me promène régulièrement pour stimuler mon cerveau, je note mes idées dans un carnet qui tient dans ma poche. Autant dire que mon carnet se remplit assez rapidement dans ces moment-là. Ensuite avant de commencer, je note chaque tâche prévue, le temps estimé pour chacune, la qualité que j'attends sur ce travail puis en fin de session je note mes réussites, mes points à améliorer et ce que je dois travailler pour la prochaine session.

Je terminerai cette petite histoire en racontant comment j'ai rencontré Lemonart : c'était sur les réseaux sociaux en rencontrant Florian LKJ, je suivais son travail et de discussions en discussions nous avons sympathisé jusqu'à la création de l'association. L'ambiance qui en dégageait m'a donné envie de les suivre dans cette aventure !

Rejoignez-nous et croyez en votre talent !

Merci beaucoup Gauthier pour cette Interview ! A bientôt !!

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